Comment intéresser les adhérents à la croissance de leur coopérative ?

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« Plus on se rapproche du consommateur final, plus on capte de la valeur ajoutée », a rappelé Bernard Duchamp, consultant et administrateur de société, intervenant à l’Essec, lors de la session de formation « Renforcer les liens avec ses adhérents : un enjeu majeur pour l’avenir des coopératives », organisée par l’Institut de la coopération agricole, le 2 juin à Paris. Cette loi économique, les coopératives l’ont bien intégrée en créant des filiales de première voire de deuxième transformation, plus ou moins chapeautées par des holdings industrielles. Mais aujourd’hui, au regard d’un marché français à maturité, les coopératives doivent pour se développer atteindre une taille critique pour s’internationaliser. Mais encore faut-il convaincre les adhérents de suivre cette voie qui s’éloigne, selon eux, du concept coopératif de lien au territoire.

Ristournes, dividendes, actions, obligations…

L’intéressement de l’associé coopérateur ne peut se limiter aux seules ristournes, réglementairement plafonnées, qui dépendent des parts sociales souscrites par l’agriculteur. Nombre de coopératives versent des dividendes selon la rentabilité des filiales et la politique de redistribution. Mais, de l’avis de Bernard Duchamp, « elles n’en distribuent en moyenne pas assez ». Si elles gardent des liquidités pour investir, le problème de fond reste le « manque de rentabilité ». Pour rendre les filiales plus performantes, Bernard Duchamp propose, entre autres, de «payer les matières premières au prix du marché et d’encourager les agriculteurs qui font de la qualité » et « accélérer les fusions pour atteindre une taille critique et diminuer les coûts de revient ».

Certaines coopératives vont encore plus loin, en ouvrant le capital de leurs holdings aux adhérents et autres collaborateurs. « Une stratégie très récente et encore peu développée. » Vivescia en est un pionnier, avec sa politique du « Tous actionnaires », présentée par son vice-président Christophe Büren. Entamée en 2010 par l’ouverture du capital de Vivescia Industries à ses adhérents et salariés, elle se poursuit par la création d’un Fonds commun de placement d’entreprise en 2011, l’émission d’Obligations convertibles en action (OCA) en 2013 et l’échange de Parts sociales à avantages particuliers en OCA en 2016. Mais, de 5 coopératives actionnaires en 2005, Vivescia ne compte six ans après que 2.500 actionnaires et 2.500 d’obligataires, à comparer à ses 11.200 adhérents et 7.200 collaborateurs. Si le  mouvement est enclenché, il reste du chemin à parcourir.

Karine Floquet, La dépêche / Le Petit Meunier