Faire vivre un projet coopératif avec les salariés

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Scop et Scic sont ces Sociétés coopératives et participatives dans lesquelles les salariés sont au cœur du projet en tant que membres associés. Dans les Scop, Sociétés coopératives de production, les salariés sont majoritaires au capital et collectivement les co-décideurs de l’entreprise. Dans les Scic, les salariés sont obligatoirement membres associés, mais avec au moins deux autres catégories d’associés, dont les bénéficiaires/clients ou usagers de l’entreprise.

Dans un monde du travail marqué par le clivage traditionnel entre patrons et employés, Scop et Scic sont confrontées à un double défi : encourager les salariés à s’impliquer en tant que co-entrepreneurs et co-décideurs de leur entreprise et constamment accompagner les managers coopératifs pour renforcer leurs compétences dans leur capacité à animer le projet coopératif. C’est le rôle du réseau des Scop que d’apporter cet accompagnement et de l’adapter à la grande diversité des Scop et des Scic, présentes dans tous les territoires, tous les métiers, toutes les tailles d’entreprises. Le projet coopératif est vivant : il est unique à chaque entreprise et il évolue dans le temps. La preuve par l’exemple avec trois Scop parmi les plus importantes.

 

Groupe Up : coopérativiser un groupe présent à l’international

LogoGroupeUp

  • 2 500 salariés (400 au siège)
  • Titres services, Ile de France
  • Problème posé : intégration de nouveaux coopérateurs dans une structure de grande taille et en fort développement

 

Très connu en France pour sa marque Chèque Déjeuner, l’un des leaders du titre services, le groupe Up ne cesse de grandir depuis sa création en 1964 et en particulier depuis 25 ans, avec pour défi de faire vivre le projet coopératif dans un groupe de 2 500 personnes implanté partout en France, en Europe et dans le monde sur des sites diversifiés et loin du siège. Pour relever ce défi, le groupe a lancé en 2015 un vaste plan de coopérativisation du plus grand nombre de salariés du groupe au-delà des salariés du siège. Avec l’appui du réseau des Scop et d’une équipe de consultants, Up a mis en place un ambitieux programme de formations sur la méthode des groupes apprenants dans lesquels les compétences s’acquièrent par les stagiaires eux-mêmes.

Up organise également pour tout nouveau salarié des accueils en groupe et en individuel par le PDG. Chaque nouveau salarié est aussi parrainé par un autre salarié jusqu’à la 1e assemblée générale.

 

Macoretz, comment faire vivre le projet coopératif

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  • 188 salariés, plus de 100 apprentis
  • Construction de maisons individuelles, ossature bois, Pays de Loire
  • Problème posé : construire une vision partagée et encourager les salariés à devenir coopérateurs

 

Macoretz est né en 1986 avec un projet : créer un outil de travail permettant de vivre au pays, d’apporter un emploi durable et épanouissant à ses équipes et de promouvoir une autre vision de l’entreprise et du travail, construite sur le partage des décisions, du pouvoir, du capital, des risques et des résultats. Macoretz a fait le choix du sociétariat volontaire et de laisser libre choix aux collaborateurs de devenir ou non coopérateurs. Un choix qui impose à la coopérative d’être en veille et innovation permanente pour animer la vie coopérative et donner envie à tous de devenir sociétaires. Pari réussi puisque Macoretz, au fil de sa croissance et de ses recrutements, est parvenu à atteindre un taux de 74% de salariés associés. Pour animer la vie coopérative, Macoretz organise chaque année six assemblées générales et revisite régulièrement son projet d’entreprise, notamment par la mise en place d’une Charte du sociétariat et une démarche de réflexion collective récente autour de sa gouvernance.

De plus, Macoretz incite ses collaborateurs à suivre le parcours de formation coopérative, proposé par l’UR (Union Régionale), des carrefours de créativité, un Business-Plan co-construit avec les instances et tous les sociétaires.

 

 

ECF Cerca : encourager l’implication dans la gouvernance

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  • 350 salariés, 65 sites décentralisés, 90% d’associés
  • Formation routière, Siège en Poitou-Charentes, 14 départements couverts
  • Problème posé : transmission générationnelle du projet & encouragement à l’engagement aux responsabilités

 

Avec ses 350 salariés, ECF Cerca est l’un des membres les plus importants du réseau national d’éducation et formation routière ECF et contrairement à la plupart des autres membres, n’est pas organisé en SA ou SARL, mais en SCOP SA, et ce depuis sa création. Tous les membres salariés sont obligatoirement associés de l’entreprise. Né dans les années 70, ECF Cerca a connu son premier renouvellement de générations de dirigeants au début des années 2000. Le défi est aujourd’hui de préparer l’avenir et encourager les jeunes à s’intéresser au pilotage de la coopérative et s’impliquer dans la gouvernance comme l’ont fait leurs aînés. C’est dans cette perspective que la coopérative a mis en place un conseil d’administration Junior : le conseil d’administration de 16 membres accueille une douzaine de collaborateurs en invités permanents.

Ces invités n’ont pas voix délibérative, mais peuvent participer aux débats. Et dernièrement, dans la même veine, la coopérative a inventé la « DGJ », Direction Générale Junior, pour en faire de même au niveau du pilotage quotidien.

 

 

Pierre LIRET  – Directeur emploi formation, Les Scop & Rédacteur en chef magazine PARTICIPER

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