Regards croisés sur la coopération agricole – Le Bilan

Partager ce contenu

Réunis dans le cœur historique de l’Université de Poitiers, plus d’une centaine de professionnels et d’étudiants ont assisté à la journée d’étude réalisée par la faculté de Droit et Sciences Sociales avec l’appui de Coop de France Poitou-Charentes.

Sous la présidence de Samuel CREVEL, docteur en droit, avocat au barreau de Paris et Président de la section juridique du Haut Conseil de la Coopération Agricole, les différents intervenants ont balayé pour l’auditoire différents thèmes transversaux : gouvernance, contractualisation, transmission, économie, environnement…

 

Didier VEILLON, Professeur à la faculté de Droit de Poitiers, puis Maryline FILIPPI, Professeure d’économie et membre du HCCA, ont montré l’historique et la puissance économique de la coopération agricole, créatrice nette d’emplois sur les territoires, qui structure une grande partie de l’agroalimentaire de filières. Résultat d’une longue tradition et évolution d’un mouvement plus que centenaire, la puissance économique s’avère insuffisante parfois. Elle ne peut contrecarrer les effets d’un marché européen et mondial sans régulation, comme le montre la crise traversée par l’agriculture. Les deux interventions, l’une rappelant l’histoire, l’autre la structuration économique montrent bien la convergence et la nécessité de concilier valeurs et compétitivité.

 

Les coopératives sont également au cœur des changements, avec la prise en compte autour de l’acte de production, des autres éléments sociétaux, en premier lieu desquels l’environnement. Carole HERNANDEZ ZAKINE, Docteur en Droit à Agrosolutions,  a souligné cet enjeu du 21ième siècle. Les coopératives y sont d’autant plus sensibles qu’elles sont, avec leurs adhérents, parties de l’écosystème territorial. Elles doivent donc l’intégrer dans  leurs activités propres, dans celles des agriculteurs sociétaires via le conseil technique et dans leurs réponses aux besoins des marchés.

 

Question d’éternelle actualité, la gouvernance des entreprises et en premier lieu de la coopérative agricole. Chantal CHOMEL en a rappelé les principes, ainsi que l’évolution des pratiques et des obligations juridiques, en particulier avec la loi ESS et la loi d’avenir agricole. La gouvernance n’a aucun sens si on ne parle que procédures. Dans un monde économique en évolution, avec des entreprises en croissance, c’est un sujet qui interpelle toujours : comment garder le pouvoir aux producteurs dans un univers toujours plus complexe ? La directrice juridique de Coop de France a livré une analyse qui montre bien que les représentants élus restent les dirigeants de leurs structures coopératives, à condition de réduire autant que faire se peut l’asymétrie d’informations entre les administrateurs et la technostructure.

 

Préservation du potentiel de production et transmission de l’exploitation étaient au centre des interventions de Karine NIVET, Adjointe à la direction des affaires juridiques de Coop de France, Dominique SAINTOUT, directeur de la FCVA, ainsi que de Jean-Christophe ROCHE, Président du Conseil Supérieur du Notariat. Les coopératives sont de plus en plus attentives aux évolutions des potentiels de production de leurs adhérents, les logiques quantitatives restant au cœur de la compétitivité des installations industrielles et des stratégies de conquêtes ou préservations de marchés.

 

La Présidente de Coop de France Poitou-Charentes, et d’Aquitaine Limousin et Poitou-Charentes a remercié l’ensemble des conférenciers et l’Université en rappelant que la coopérative agricole est le prolongement de l’exploitation agricole. Ce qui explique la diversité des coopératives, tant en tailles qu’en activités. Du fait de leur statut, ce sont des outils économiques qui se transmettent entre générations d’agriculteurs et s’intègrent dans la société rurale à laquelle elles appartiennent. Madame THOMAS souligne ainsi l’intérêt de ces journées communes Université-professionnels et ceci au-delà des partenariats noués autour de la formation des administrateurs.

 

Samuel CREVEL a clôturé la manifestation, dont l’ambition de faire découvrir les coopératives agricoles et partager leurs valeurs et leurs évolutions au travers d’une série d’interventions courtes de spécialistes, a été couronnée de succès. Ces « regards croisés » permettent de réaliser une sorte « d’état de l’art » dans les domaines abordés et mériteront des suites dans cette même enceinte.

 

François POIRSON – Coop de France Poitou-Charentes