Stratégie d’influence, « une part du business »

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La communication d’influence, ou lobbying, est la capacité à aller sonner à la porte des décideurs pour défendre ou promouvoir ses intérêts. Elle est l’élément essentiel des relations publiques que doivent entretenir les coopératives, pour sensibiliser les élus, être reconnues et influentes sur leurs territoires.

Le lobbying a toujours existé, et les courants d’opinion pèsent de plus en plus sur les processus de décision publique. Il s’exerce à plusieurs niveaux. Au plan national, Coop de France est présent auprès des parlementaires et des instances politiques pour représenter les intérêts de la coopération agricole et alimentaire. A travers son bureau européen, Coop de France assure une fonction de veille en matière d’évolution des réglementations, de connaissance des rouages institutionnels pour accompagner les filières. A l’échelle locale, il appartient à chaque coopérative d’identifier les personnes influentes au niveau communal, départemental, régional. Elles doivent savoir quel acteur de l’activité économique représente la coopérative, pour devenir un relais de ses intérêts dans les décisions touchant à son environnement, comme la création d’une bretelle d’autoroute par exemple.

« Les agriculteurs sont de moins en moins représentés parmi nos élus locaux. Il est essentiel de porter à leurs connaissances les préoccupations des coopératives », indique Bruno Gosselin, lobbyiste, qui rencontre jusqu’à 150 parlementaires et directeurs de cabinet chaque année. « Une coopérative, comme n’importe quelle entreprise, ou n’importe quel citoyen d’ailleurs,  doit connaître et échanger régulièrement avec ses élus ; c’est indispensable pour avoir des informations sur les aides disponibles, les projets de développement du territoire auquel on appartient, les futures ventes de terrains ou les marchés publics en préparation », ajoute-t-il. Pour cela, les coopératives s’appuient sur leurs propres élus, mais « c’est avant tout une question d’envie, il faut tout simplement aimer aller à la rencontre des élus, et coordonner les actions », précise Bruno Gosselin.

Se connecter aux intérêts de son interlocuteur

Ses conseils pour une démarche efficace et professionnelle se résument en deux mots : préparation et adaptation. Bien cibler l’élu par rapport à son objectif est fondamental. Si l’on veut infléchir ou orienter une décision en cours sur l’emplacement d’un futur équipement, il faut aller voir la (ou les) personne(s) qui a délégation sur le dossier. Puis s’informer sur ses prérogatives, ses centres d’intérêts, son actualité pour être rapidement en capacité à se connecter à lui. Les journaux locaux sont une source d’information importante, à compléter éventuellement par son blog. Bon nombre d’élus sont également présents sur les réseaux sociaux. Obtenir un rendez-vous passe souvent par une demande écrite et des relances. Gardez-en une trace et rappelez au moment indiqué par le secrétariat. On peut également approcher un élu de manière indirecte, lors d’une  inauguration ou d’un conseil municipal. Ces manifestations publiques peuvent permettre de se présenter ou de se rappeler à lui. Une fois face à lui, parlez sa langue ! Cela peut passer par un effort de vulgarisation du sujet. Dans tous les cas, c’est à vous de vous adapter. Soyez factuel, mettez en avant l’intérêt pour le territoire, en ayant en tête que ses priorités sont ses (re)électeurs. Préparez et laissez un récapitulatif de votre argumentaire sous forme de note synthétique.

Rédaction Watts-New